Les résultats provisoires du deuxième tour de l’élection présidentielle au Niger ont été annoncés ce mercredi 24 février. Le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, a été désigné par la Commission électorale nationale et indépendante (CENI) vainqueur du scrutin avec 55,75% des voix. Une victoire contestée par le candidat de l'opposition, Mahamane Ousmane qui a annoncé le lendemain sa victoire avec 50,30 %. Il s’en est suivi des heurts dans le pays et une coupure d'internet, moins de 24h après l'annonce des résultats provisoires.

Or, les coupures d'Internet sont contraires aux lois nationales et internationales. Elles violent les droits fondamentaux des citoyens tels que la liberté d'expression, l'accès à l'information et le droit de rassemblement pacifique, entre autres droits garantis par les instruments nationaux, régionaux et internationaux, la Déclaration universelle des droits de l'Homme (DUDH) et la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples (CADHP).

Il a été constaté ces dernières années la propension à bloquer internet la veille, le jour ou le lendemain des scrutins dans beaucoup d’Etats africains.

Ce qui perturbe la libre circulation de l'information et met la couverture sur certaines violations des droits de l’Homme qui pourraient être révélées à l’opinion nationale et internationale.

AfricTivistes dénonce vigoureusement cette situation qui remet en cause la transparence du processus électoral. Rien ne peut justifier qu’Internet soit coupé si effectivement les choses se sont bien déroulées.

Nous invitons les autorités à faire preuve de responsabilité et de respecter le droit d'informer et d'accès à l'information des citoyens.

Nous appelons au calme et exhortons l’Etat nigérien à respecter les droits des citoyens à exprimer leur opinion et à manifester leur désaccord. Les autorités devraient garantir les principes de justice et d’égalité des différents camps lancés dans la compétition électorale; et s’assurer que la vérité des urnes soit respectée.

Nous exhortons encore une fois les opérateurs de téléphonie (Niger Telecom, Zamani Telecom, Moov Africa Niger, Airtel Niger) à ne pas être complice du gouvernement dans ses tentatives de musellement de l'opinion. Nous leur demandons de ne pas céder facilement à la pression des autorités pour priver les citoyens de leurs droits d’accès à l’information

Nous interpellons l’Union africaine, la CEDEAO et les Nations unies de suivre de très près ce qui se passe au Niger afin que la transition politique se fasse dans le calme, la paix et le respect des droits des uns et des autres.

Nous restons solidaires au peuple nigérien.