Le peuple ougandais va choisir aujourd’hui, jeudi 14 décembre 2021, son président de la République et ses parlementaires. Un scrutin présidentiel qui oppose le chef de l’Etat sortant Yoweri Museveni, 76 ans, à 10 autres candidats dont Robert Kyagulanyi plus connu sous le nom de Bobi Wine, 38 ans, député et figure de proue de l’opposition politique. Malheureusement, Museveni qui veut s'éterniser au pouvoir après 35 ans de règne semble préparer un mauvais coup. En effet, malgré les nombreuses alertes des organisations des droits de l’Homme et de promotion de la démocratie dont AfricTivistes, il a été constaté qu’internet a été coupé depuis le 13 janvier sur toute l'étendue du territoire.

Les blocages d’internet de même que le sabotage des réseaux sociaux sont en contravention avec les lois nationales et internationales. Les coupures d’internet pendant cette période électorale violent la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), et la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP). Elles constituent une atteinte grave à la liberté d’expression et à la démocratie. Elles violent les droits fondamentaux tels que la liberté d'expression, l'accès à l'information et le droit de réunion pacifique, entre autres droits garantis par les Institutions nationales, régionales et internationales. En plus de remettre en cause la transparence du processus électoral, les fermetures d’Internet perturbent aussi la libre circulation de l'information et mettent la couverture sur certaines violations des droits humains qui pourraient être révélées à l’opinion.

Museveni récidive en coupant Internet le jour du scrutin présidentiel

Le 12 janvier dernier, la Commission ougandaise de la communication (UCC) avait ordonné aux fournisseurs d'accès Internet de bloquer les plateformes de médias sociaux et les applications de messagerie, dont Facebook, Twitter, WhatsApp, Instagram et Playstore Apps, coupant ainsi des millions de personnes les unes des autres et du monde entier. En outre, le gouvernement a également bloqué plus de 100 réseaux privés virtuels (VPN) - des outils de contournement - rendant impossible d'éviter la censure, d'accéder à l'information, ou d'exercer librement les droits à la liberté d'expression et d'association en ligne. Ceci laisse apparaître une tentative de putsch électoral.

AfricTivistes condamne fermement la posture des autorités ougandaises qui se voilent derrière des lois liberticides pour restreindre la démocratie dans le pays. Nous estimons que Yoweri Museveni doit faire preuve de responsabilité et de loyauté républicaine.

AfricTivistes ne saurait rester insensible à cet état de fait dans la mesure où le blocage d’internet entrave gravement le processus électoral. Ces perturbations entachent le besoin d’une élection libre et transparente. Elles cachent très mal une volonté de confisquer la volonté des Ougandais dans les urnes.

AfricTivistes invite les opérateurs à faire preuve de responsabilité et à veiller à ce que le peuple ougandais ait accès à un service Internet ouvert et sécurisé.

AfricTivistes exhorte la Commission ougandaise de la communication (UCC) à revenir au plus vite sur sa décision de couper internet dans le pays et de débloquer les différentes plateformes d’échanges. Nous demandons aux autorités d’assurer le respect de la volonté du peuple ougandais à travers des élections libres et transparentes sans intimidation aucune et violation des libertés individuelles.