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Adoption de la loi portant interception de certaines communications émises par voie électronique au Niger : AfricTivistes condamne et exige une seconde délibération

 

Le vendredi 29 mai 2020, l'Assemblée Nationale du Niger a adopté la loi sur “l'interception de certaines communications émises par voie électronique”. AfricTivistes pense que cette loi est une menace pour les libertés individuelles sur le territoire nigérien. 

Ignace Sossou, un journaliste béninois travaillant pour le média Bénin Web TV, a été condamné le 20 décembre 2019 par la justice de son pays. Il écope de dix-huit (18) mois d’emprisonnement ferme et deux cents mille (200.000) francs CFA d’amende pour avoir relayé sur ses comptes de réseaux sociaux les propos du procureur de la république. 

Depuis le 6 juillet 2019, l’actualité sénégalaise est grandement occupée par l’affaire de la procédure de licenciement de l’activiste et militant pro-démocratie Monsieur Elimane Haby Kane par son employeur, le bureau Sénégal de l’organisation non gouvernementale OXFAM. Africtivistes, en tant qu’organisation de défense des activistes et aussi partenaire des deux protagonistes, ne pouvait rester indifférent face à cette affaire. 

Suite à la lettre ouverte de M. Kane rendu publique le 6 juillet 2019 sur les réseaux sociaux pour présenter sa version des faits ayant mené à cette procédure de licenciement, Africtivistes a décidé d’attendre la position officielle de OXFAM avant de se prononcer là dessus. Toutefois, nous avons saisi M. Kane par téléphone pour lui renouveler notre soutien en tant qu’organisation de défense des activistes. Les membres qui l’ont souhaité, ont publié des messages de soutien à titre personnel sur leurs réseaux sociaux. 

Le 7 juillet 2019, Oxfam a publié sur sa page Facebook Oxfam au Sénégal et son compte Twitter @OxfamAuSenegal, un communiqué pour partager sa version du problème en précisant que “Monsieur Kane, a commis une faute lourde dans la mesure où il n’a pas respecté l’intégrité et préservé la réputation d’Oxfam. De nombreux rappels à l’ordre verbaux et écrits ont été servis à Monsieur Kane depuis le février 2019, puisqu’il devenait habitué des faits”.

À la suite de ces deux positions publiques, le 9 juillet 2019, Africtivistes a préféré saisir directement la direction d’Oxfam par courriel officiel pour lui exposer ses inquiétudes par rapport à la situation. Voici le courriel envoyé à M. Adama Coulibaly Directeur Régional pour l’Afrique de l’Ouest, à Mme Amy Glass, Directrice du bureau Sénégal d’OXFAM : 

 

Africtivistes est préoccupé par la situation de notre camarade Monsieur Elimane Kane qui s’est fait licencié par le Bureau Oxfam Sénégal pour “faute grave”.  

Nous avons bien consulté votre communiqué sur l'affaire de la procédure de licenciement concernant Monsieur Elimane Kane et du débat qui en a suivi. En tant qu'organisation d'activistes et ayant déjà collaboré avec votre organisation sous plusieurs formes, nous ne pouvions ignorer ce fait. Nous tenons à vous livrer ces quelques observations qui tiennent lieu de notre position officielle. 

Sur les récriminations à l'encontre de M. Kane, nous ne saurions nous prononcer sur le bien-fondé ou non. Mais il reste clair qu’Africtivistes ne saurait tolérer qu'un militant, activiste puisse être sanctionné pour ses prises de position ou sa participation à des combats qu'il défend et qui plus est, nous partageons avec lui. Nous comprenons difficilement que OXFAM dise se battre pour promouvoir la libération de la parole dans l'espace publique et en même temps veuille restreindre la parole de son staff dont les membres sont des citoyens à part entière. Les reproches faites à M. Kane pour son implication active “dans le débat sur la gestion du pétrole au Sénégal, de manière visible” nous sembles malvenues d’autant plus qu’il s’agit d’une question que OXFAM devrait suivre de prêt. 

Sur la seconde partie de votre communiqué, n'ayant aucune idée du contenu de vos échanges en interne, Africtivistes ne saurait s'avancer sur cela. Toutefois, tout comme vous, nous appuyons "la voix des citoyens toujours dans le respect des règles et des lois au Sénégal". En ce sens, Africtivistes, tout comme OXFAM nous l'espérons, pourra difficilement engager ses membres et son nom dans des actions qui vont à l'encontre des législations sénégalaises. 

Nous osons croire que Oxfam tient à ce que le deuxième paragraphe de l'article 1 de son code de conduite ne soit pas en contradiction avec ce que l'organisation demande à ses agents. 

Nous vous saurions gré d'éclaircir votre position par rapport à ces points qui nous semble ne pas aller dans le même sens que les valeurs défendues par nos deux organisations. Nous nous réservons le droit de rendre public notre opinion sous forme de communiqué dans les jours à venir. 

 

Cordialement,

 

Le même jour, Africtivistes a reçu une réponse du Directeur régional qui a tenu à nous fournir quelques éléments d'éclaircissement à nos questions et observations. Dans la réponse, M. Coulibaly a apporté un peu plus de détail dans l’affaire de la procédure de licenciement et insisté sur le fait que M. Kane a commis une faute lourde.

Sur le deuxième point, il a tenu à être ferme sur le fait que OXFAM n’a jamais eu une politique ou une stratégie allant dans ce sens. Il a réaffirmé l’engagement ferme de OXFAM de ne mener ses activités que dans la légalité totale.

M. Coulibaly a terminé en conviant Africtivistes à une rencontre dans leurs locaux pour fournir plus de détails et d’évidences. 

Le 10 juillet 2019, une équipe de Africtivistes s’est rendue dans les locaux d’Oxfam pour y rencontrer le Directeur régional, le responsable RH et le Directeur des opérations. Durant cette rencontre, comme promis, l’équipe d’OXFAM nous a présenté ce qu’ils retiennent comme des preuves de la faute lourde reprochée à M. Élimane Haby Kane. 

À la suite de cette rencontre qui a duré 1H35mn et dont nous ne pouvons légalement pas révélé les détails du contenu, nous sommes en mesure de nous prononcer officiellement sur la situation. 

Concernant la question du mail interne, suite aux propos fermes de M. Coulibaly et du communiqué du personnel d’Oxfam au Sénégal rendu public le 9 juillet aussi , Africtivistes prend acte de l’engagement d’OXFAM à ne jamais mener une politique qui irait à l’encontre de la légalité au Sénégal. 

S’agissant de la procédure de licenciement de M. Elimane Kane, Africtivistes estime que les griefs évoqués par Oxfam au Sénégal dans leur communiqué et avec les pièces justificatives qui nous ont été présentées, vont à l’encontre des droits civiques et de la liberté d’expression de M. Kane. 

Au moment critique où l’on parle de questions de bonne gouvernance, de transparence et de gestion des ressources naturelles et minérales au Sénégal, Africtivistes dénonce avec la plus grande énergie cette injustice et cette inconsistance venant d’une Organisation comme Oxfam qui finance et promeut la libération de l’expression publique, l’engagement citoyen et la bonne gouvernance. 

Africtivistes marque son soutien total à M. Kane pour son rétablissement dans ses droits et sa dignité. 

Africtivistes, en tant qu’organisation de défense des acteurs de l’information, des activistes et des militants pro-démocratie, ne peut tolérer que des citoyens, engagés de surcroît, soient privés de leur droit d’expression quelle que soit la raison. 

Reprocher à M. Kane ses fréquentes publications Facebook et ses prises de position sur les questions d’intérêt public aussi cruciales que la question relative aux accusations de corruption de la BBC impliquant Aliou Sall, frère du Président Macky Sall, c’est vouloir museler un activiste et militant de la bonne gouvernance. 

Nous rappelons à Oxfam Sénégal qu’en aucun cas, une organisation non gouvernementale, apolitique, ne devrait imposer à un citoyen, à un activiste d’observer le silence sur internet et dans les médias. Elle ne peut pas non plus tenter d’orienter en aucune manière que ce soit la façon dont la personne utilise ses propres supports sur les réseaux sociaux. 

Africtivistes invite Oxfam à revoir sa position et sa décision pour le rétablissement de M. Kane dans ses droits où de trouver un terrain d’entente commun pour une séparation négociée à l’amiable comme souhaité initialement par les deux parties. 

Des communautés Tic du Burkina déplorent la condamnation à une peine de prison ferme de Naïm Touré 

 

Le 13 juin 2018, l’activiste Naïm Touré a été interpellé par les services de la gendarmerie suite à une publication sur son profil Facebook. Il lui était reproché à travers ladite publication les charges ci-après: 

1- participation à une opération de démoralisation des Forces de défense et de sécurité ; 

2- proposition aux forces de défense et de sécurité de former un complot contre la sureté de l’Etat ;

3- incitation à troubles à l’ordre public.

Rappelons que dans la même publication, Naïm Touré interpellait l’attention des Forces de défense et de sécurité à prendre leurs responsabilités quant à leur condition de vie et de travail suite au sort du gendarme Henry Traoré, blessé lors de l'opération anti-terroriste de Rayongo.

Le Burkina Faso étant un pays démocratique avec une séparation des pouvoirs, nous avons fait confiance à la Justice avec le secret espoir que le Tribunal allait le relaxer de tous les chefs d’inculpation retenus contre lui. 

C’est donc avec consternation que nous avons appris ce mardi 3 juillet la condamnation à deux mois de prison ferme de Naïm pour : « appel à trouble à l'ordre public non suivi d’effet ». 

Cette condamnation manque d’élégance pour notre pays et sonne comme un recul démocratique et une atteinte à la liberté d’expression et d’opinion au Burkina Faso. 

Nous, organisations du monde des TIC, tout en reconnaissant quelques dérives par moment dans l’usage des réseaux sociaux, regrettons cette décision de justice.

En tant que structures de défense de la liberté d'expression, réseau de blogueurs, web activistes, journalistes, incubateurs, tiers-lieux, fablab, acteurs de la société civile, nous n'avons de cesse de nous préoccuper du sort des acteurs de l’information et des utilisateurs des réseaux sociaux en général. 

Par voie de conséquence, nous leur rappelons leur responsabilité à chacune des occasions notamment dans l’utilisation utile et responsable de ces supports numériques.

Cependant, nous ne saurions cautionner toute violation des principes si chers à notre démocratie que sont la liberté d'expression et les libertés individuelles et collectives.

Au regard de ce qui précède, nous appelons à la libération de Naïm Touré.

 

                                                   Fait à Ouagadougou, le 4 juillet 2018

                                                                     Ont signé :

Pour l’association des blogueurs du Burkina (ABB)    

Bassératou KINDO     

Pour Africtivistes

Bassératou KINDO ( membre)                                                                

Pour   Keolid                         

Lassane Ouédraogo 

Pour Béogo-Neere     

Malik Lingani               

Pour Les Nouvelles du Quartier                           

Sharaf Omar Coulibaly                            

Pour Protaf

Wangnin Zerbo

Pour Ouagalab            

Gildas Guiela           

Pour Zamalab                                           

Edmond Tiendrébeogo  

Pour Jokkolabs                            

Cheick-Omar Ouédraogo    

Distribution de vivres au Sénégal pour faire face aux effets socioéconomiques de Covid-19 : AFRICTIVISTES appelle à plus de transparence dans la gestion de cette crise

Le chef de l'Etat Macky Sall a réceptionné, le samedi 11 avril 2020, 146 mille tonnes de vivres au Port autonome de Dakar avant de lancer les opérations de distribution de l'aide alimentaire d'urgence aux populations. Cette opération marquait également le début de la mise en œuvre du programme d’aide alimentaire d'urgence doté d'une enveloppe de 69 milliards de Francs CFA, tirée du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du coronavirus (FORCE-COVID-19). Cependant, la gestion du marché d’attribution des vivres et de leur transport a laissé planer le doute chez de nombreux sénégalais qui ont décrié un manque de transparence dans le processus. 

Le 14 novembre 2019 alors qu’ils étaient sortis manifester leur opposition à un éventuel troisième mandat du Président Alpha Condé au pouvoir depuis 2010,  Alseny Farinta CAMARA membre des Africtivistes et de l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) ainsi que 4 autres membres de l’antenne locale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été arrêtés.

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