Communiqué de soutien au peuple tchadien

Nous, Africtivistes, exprimons notre préoccupation devant la tension qui agite le Tchad depuis plusieurs jours.

 

Le 8 février dernier, la lycéenne Zara Mahamat Brahim, « Zouhoura » — fille d'un opposant au président tchadien Idriss Déby Itno — a été kidnappée à N’Djamena, la capitale, par six jeunes hommes dont le fils du Ministre des Affaires Etrangères.

Ils l’ont séquestrée, violée et ont filmé leurs méfaits. Les violeurs ont ensuite posté leur film sur les réseaux sociaux.

Ce viol collectif, a suscité indignation et colère dans la population et dans la diaspora.

Des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour manifester et réclamer que justice soit rendue à N’Djamena et dans plusieurs villes du pays.

 

Plusieurs manifestants ont été arrêtés et d’autres ont été tués. Parmi elles, Hassan Ousmane Abbachou tué par balle le 15 février et Yacoub Adam Yacoub, « Tangui » tué le 18 février devant sa boutique.

 

Nous, Africtivistes, estimons que le viol  acte d’une gravité extrême  porte atteinte aux droits de la femme et aux droits de l’homme d’une manière générale.

 

Nous, Africtivistes, apportons notre indéfectible soutien à Zara Mahamat Brahim et condamnons avec la dernière énergie le viol collectif dont elle a été victime.

 

Nous, Africtivistes, jugeons inadmissible les arrestations et la mort de manifestants qui réclament que justice soit rendue.

Le droit de manifester est un droit universel et constitutionnel signé et ratifié par les autorités tchadiennes.

Ainsi nous, Africtivistes, soutenons les activistes tchadiens qui :

·         appellent les autorités tchadiennes à cesser immédiatement la répression des manifestants ;

·         exigent l’ouverture d’une enquête indépendante pour rendre justice à Zouhoura ;

·         dénoncent les arrestations arbitraires et les détentions illégales des manifestants qui n’ont fait exprimer leur droit à manifester ;

·         demandent la libération immédiate de toutes les personnes détenues ;

·     rappellent aux autorités tchadiennes l’article 27 de la Constitution tchadienne, l’article 9 de la Charte Africaine pour la Défense des Droits Humains et l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui garantissent aux citoyens le droit de manifestation et le devoir de s’informer sans être inquiétés.

Nous restons mobilisés auprès des Tchadiens et renouvelons notre engagement pour une Afrique démocratique.